Carnet de Route

11 avril - Auxerre :
     
    Un matin qui se fait doucement, les lève-tard se réveillent grâce aux voix qui résonnent sous ce marché couvert. La journée se met en place grâce à l'AG du matin, un groupe de clowns se prépare à envahir un supermarché de bonne humeur, sourires, et étiquettes TOXIC à coller sur les produits OGM et nocifs pour la santé. Un autre groupe va rester sur place pour s'occuper du blog (nous lees copains!) et d'autres vont partir pour s'occuper de la récup. En bref une journée normale et musicale pour les marcheurs dans une ville quelque peu morose où peu de chats se promènent.
4 avril - Chapelle sous Uchon > Autun

     Le réveil se fait tôt. Après le petit déjeuner s'organise un tour de parole: on prend alors le temps de s'exprimer chacun à son tour et de s'écouter les uns les autres. C'est aussi l'occasion pour certains de prendre la parole pour la première fois. Ce qu'il en ressortira? Du négatif (manque d'énergie, de motivation, coup de blues,..), mais surtout du positif, des larmes de joie, du rire,.. Que d'émotion ce matin!  Je pense que cela nous avait vraiment manqué, et nous en avions réellement besoin.
Les heures passent sans que l'on s'en aperçoive, le déjeuner se fait donc sur place; puis suit le départ de la marche. Une équipe se forme au sein des marcheurs pour récolter, le long du trajet, des plantes sauvages comestibles (trop souvent qualifiées de mauvaises herbes), qui finiront en salade le soir.  Ont été cueillis: 
     - pissenlit (diurétique, dépurative, ami des reins et du foie, elle est riche en fer, manganèse, vit A, vit B1, et vit C.),
     - oseille (riche en vit E et oméga 3, mais aussi en fer, magnésium, cuivre, zinc, et provitamine A, elle est antioxydant, prévient les maladies cardiovasculaires et certains cancers),
     - violette (laxatif doux, elle est dépurative, diurétique, émolliente, et peut être même aphrodisiaque!),
     - ciboulette (riche en fer, vit c, vit k, elle favorise digestion),
     - berce spongyle (diurétique, vermifuge, tonique et digestive, elle est bonne contre hypertension, les rhumatismes, et ouvre l'appétit sexuel),
     - etc..
    Que de bonnes choses, que Pachamama nous offre gratuitement, et simplement!
    L'arrivée à Autun se fait relativement tôt malgré un départ tardif (sauf pour les cueilleurs qui se sont un peu perdus quelques kilomètres derrière). On s'installe sous le kiosque, à côté de l'hôtel de ville. Des douches nous sont sympathiquement proposées par la piscine de la ville. La soirée est calme, et nous avons le plaisir d'accueillir un marcheur qui nous revient, après un arrêt à paris pour l'organisation de l'arrivée.
PS: Je vous aime!

3 avril - Montceaux les Mines > Chapelle sous Uchon

    Une belle journée, agréable, pluvieuse mais joyeuse. Un départ dans la bonne humeur en compagnie de nos copains lyonnais venus nous rendre visite la veille au soir. 
    Après une partie de départementale assez déprimante nous voilà dans la campagne, sous un ciel bas et gris avec le soleil qui vient nous dire bonjour de temps à autre. Une petite pause sur une route de campagne au bord d'un champ, et puis on est reparti. Nous voilà à peine en marche que la pluie montre le bout de son nez, ce sera une pluie revigorante et tonifiante, qui n'aura donc pas raison de notre joie de vivre ensemble. Les équipes camions ont bien fait leur boulot et nous ont trouvé un abris digne de ce nom pour pouvoir nous reposer tous ensemble autour d'un bon repas. 
   Il est temps de repartir au programme normalement que de la petite départementale mais "il n'y a pas de hasard que des rendez-vous", et tout d'un coup au bord de la route, là voilà, l'auberge du Morvan et le propriétaire qui nous indique un chemin dans la forêt. Donc au programme forêt toute l'après midi, l'air du Morvan nous fait du bien, nos chanteurs improvisent, notre Panoramix en compagnie de ses élèves du jours nous cueillent des plantes sauvages pour nous faire une bonne salade.
    Après quelques heures nous voilà arrivé, à l'éco-lieu passerelle éco, une belle rencontre, ce soir on fait la fête, un mois de marche ça ne se rate pas.

2 avril - Lac du Rousset > Montceaux-les-Mines

« Samedi soir, les 20 marcheurs (environ) sont arrivés à l’étang du Rousset, précédés par l’équipe logistique avec ses deux camions. Des départs nombreux ont lieu depuis plusieurs jours. Samedi soir, cinq nouveaux marcheurs arrivent, et trois partent.

Une journée de repos avait été décidée pour le dimanche 1er avril : après une recherche des chaussures disparues, cachées par un cuisinier d’humeur facétieuse, la marche des possibles profite d’une journée ensoleillée. Une belle soirée a lieu avec la rencontre des patrons de la guinguette du lac, originaires de Normandie.

Le lendemain, direction Montceau-les-Mines : la petite étape de 15 km est avalée en quatre heures par les 14 marcheurs. Les paysages de collines verdoyantes, et le bocage peuplés de vaches farouches, enchantent les marcheurs. Six éclaireurs précèdent.

À l’arrivée, ils rencontrent plusieurs représentants de la presse écrite et radio locale. Le camp s’installe sous le kiosque devant la mairie, après une courte négociation avec la police, prévenue par la municipalité.

L’effet de la journée de repos et de l’étape courte se ressent : l’installation est rapide, le kiosque est couvert de banderoles. La recul fonctionne bien aussi. Montceau-les-Mines est un ancien bastion ouvrier, et les coups de klaxon solidaires ne manquent pas. La cuisine est vite mise en route, la ZEL installée, et une projection a lieu. Des militants et des agriculteurs bio locaux partagent la soirée avec les marcheurs.

L’étape est ternie par la nouvelle de la répression du campement de SDF de Poitiers, qui s’était installé avec le DAL local issu de DRM!86 et le soutien de la marche Baiona. Cinq GAV ont eu lieu, et les personnes seront jugées le 10 juillet pour rébellion et violence en réunion : parmi elles, un des marcheurs de Bayonne.

Le mardi soir, les marcheurs devaient être à la Chapelle-sous-Uchon, dans un lieu alternatif, avant de repartir mercredi (ou jeudi) vers Autun. »

1 avril - Lac du Rousset :

En ce dimanche 1er Avril ensoleillé, le besoin de repos des uns et la nécessité de se retrouver soit même des autres nous mène à prendre une journée de pause. Sont d'actualité aujourd'hui grasse mat', farniente, massages, mais aussi lecture, écriture, ré-arrangement de notre mascotte le camion, bref chacun profite de son temps sur une symphonie détendue et apaisée (et ça fait du bien!)
C'est l'heure de la baignade! Une poignée, les plus courageux, foncent tête la première dans l'eau fraiche du lac, même le chien n'y résiste pas. D'ailleurs il plonge, et replonge, éclaboussant tout le monde sur son passage; personne n'y échappera.
Une suisse, rencontrée le matin lors de sa ballade, nous rejoint en fin de journée avec de la viande, ce qui réjouira beaucoup d'entre nous. Décidément, chaque jour nous somme chouchouté! Un bon festin autour d'une table s'organise alors.
Vous l'aurez compris, ce fut une journée calme et reposante sous le soleil de bourgogne, l'idée même d'un parfait dimanche (ou presque).
PS: Je vous aime!

21 mars - Mont Pilat > St Etienne :

     Réveil étrange dans la grange: mais quelle est cette voix? Panoramix avec sa voix roque venue des entrailles de la Terre qui essaye de nous réveiller et qui y arrive. S'en suit un p'tit déj' de champion, puis on décolle direction St Etienne toujours en compagnie de lolo, manu et les enfants. SURPRISE en ce 2è jour de printemps : de la neige, de la neige, et encore de la neige le long des sentiers du mont pilât ! On s'enfonce parfois jusqu'au mollet, les pieds sont gelés, trempés, mais ce grand air dans nos poumons, cette forêt magnifique et  cette pureté qui nous entoure nous rendent heureux! Tiens, voilà qu'on aperçoit le Mt Blanc lors de notre pause midi sur la crête. Après nous avoir cherchés pendant un petit moment, l’équipe de France 3 nous trouve enfin et nous consacre une petite interview.
      Nous voilà de nouveau en ville avant la tombée de la nuit après l’après-midi passée sur un GR. C'est le dur retour à la société. Notre énergie se vide à la vue de ce paysage qui s'urbanise, des parkings devenus des villages de roms, des barres HLM, des maisons individuelles qui se ressemblent toutes. Un véritable choc après ces deux jours immergés dans la nature profonde. Nous trouverons tout de même la force pour une manif' festive avec un sound système, une brigade de clowns improvisée, et même un lutin sur échasses! Les énergies remontent et l'ambiance est carnavalesque. De plus, l'accueil chaleureux des stéphanois place Jean Jaurès est réconfortant. On nous offre un gigantesque couscous, des indignés du quartier nous proposent douches et bains de pieds, un concert se lance, que d'échanges et de bonne humeur! On installe les tentes en cercle pour une fois, ce qui rendra le réveil plus chaleureux et convivial. Je crois que la fête durera tard dans la nuit, mais pour beaucoup de marcheur, la journée fut épuisante et nous allons très rapidement nous coucher après le diner.
PS: Je vous aime!

20 mars - Annonay > Mont Pilat :

    Nous sommes venus à Annonay la veille au soir, où nous avons passé la nuit. Panoramix, un des marcheurs, revient tout juste d'une journée de stage de gémothérapie (en Ariège), il se désigne en assemblée pour raconter la journée du 20 (date "anniversaire").

    Arrivé la veille à Annonay à la tombé de la nuit, les marcheurs posent comme d'usage camion et banderolles pour signaler leur présence sur la place publique. La musique fait partie de leur communication. Accueilli par des habitants de la ville, les marcheurs dorment dans un dédale de pierre, où ombre et lumière font part égal. En apparence, cela m'évoque une sorte de repaire de brigands, que nous ne sommes évidemment pas. A moins que le rire, la marche et la liberté soient rangés dans le grand banditisme modernes. Auquel cas mes amis, nous peuple d'ici et d'ailleurs sommes tous des brigands, des voyous, de la "racaille" au yeux de l'Etat.

    Au petit matin, quelques marcheurs sont déjâ réveillés et prennent soin de faire passer le message : le jour est levé, le moment est venu de préparer l'étape du jour. Une fois le message propagé grâce au chant guthural et à la flute, notre groupe de marcheurs se lève vaillamment (en tout cas, il essaye). Le petit déjeuner se prépare. Aprés cela, une assemblée a lieu entre les marcheurs et les habitants d'Annonay restés sur le site. Il est beaucoup question d'organisation générale de la marche (cuisine, camion). Les demandes émanant des marcheurs avoisinent autour de cette notion vitale de la survie d'un groupe : l'ORGA-NISATION. Cela fait partie de l'aventure de la marche. Ce gros mot fait beaucoup parler de lui et continura longtemps à faire parler de lui. Normal quand des individus vivent ensemble, de parler des fonctions de chacun.

    Après l'assemblée, nous prenons le départ un peu tard dans la matinée, mais plein d'entrain et de motivation. 25 marcheurs au départ et toujours une vingtaine à l'arrivée, nous sommes plus nombreux à marcher chaque jour pour cette MARCHE DES POSSIBLES. Sur le chemins, nous découvrons avec nos amis ardechois qui nous accompagnent quelques plantes sauvages locales et comestibles que nous prenons plaisir à gouter. L'arrivée à mi-étape à St Julien est une véritable satisfaction. Nous rencontrons un groupe d'une trentaine de marcheurs montagnards, et un bon repas nous attend sur la place, avec la participation génereuse de la boulangère du village qui nous offre du pain.

    Après manger, toutes voiles dehors, nous voilà reparti pour la deuxième partie de l'itinéraire, rassasiés. Le meilleur de la journée nous attends. Un des marcheurs, fort accoutumé avec la région, nous fait rencontrer le lieu de vie d'un collectif de personnes, que nous traversons. Espace paisible et en même temps puissant, qui nous donne chaud au coeur. Nous passons au milieu de la forêt où nous respirons un air pur et puissant qui nous donne une grosse énergie. Tous les marcheurs se sentent revigorés et particulièrement soudés en ce moment. Chacun ressent un flux d'énergie bénéfique et nous disons un grand merci à la forêt au moment d'en sortir. Hors de la forêt, la fatigue se fait de nouveau ressentir, mais il ne reste que quelques kilomètres à parcourir. Une fois sur le lieu, nous sommes accueillis par une famille adorable qui va prendre le départ de la marche avec nous demain.

    La musique et la fête sont de retour : je me met en retrait intentionnellement, je veux garder cette impression forte que me procure la forêt et ne penser à rien d'autre. Je rejoins quand même les marcheurs avec ce sentiment fort en moi pour partager et manger. D'ailleurs, une surprise m'attend pour mon anniversaire. Tim, mon ami et free indi-gene est de retour dans la marche.

    Avant de dormir, une projection : cela se déroule ne Colombie. Framboise nous raconte une histoire qui lui tient très à coeur à travers ce film, son engagement pour la vie. Elle a créer une association de clowns, lutins, circassiens dans le but de sortir  de la galère beaucoup de jeunes colombien-ne-s sans ressources, grâce à la musique et aux spectacles qu'ils préparent. Respecter la nature et ne pas polluer, apprendre à se réjouir malgré les problèmes (très dur à vivre au quotidien), c'est ce qu'ils apprennent ensemble. Malheureusement, l'Etat répressif voit toujours du mauvais oeil ces manifestations de liberté. Certains le découvrent au dépens de leur vie. C'est la triste réalité auquel ce film - documentaire nous renvoie. Un moment de partage s'achemine autour du feu, un moment unique d'union.

    Avec ce petit gouter amer, il y a une pensée que je souhaite partager avec tous : puisse un nouveau cycle venir, et que les humains redeviennent des guérisseurs, bien conscient que nous appartenons à la nature, et non le contraire.

    Panoramix, un marcheur.

17 mars - Valence > Tournon sur Rhône :

         Départ tardif de Valence vers Tournons, nous somme une grosse vingtaine à marcher avec de nouveaux arrivant dont Sarah 62 ans qui nous initiera dans la soirée à LA PRATIQUE DE LA BIODANCE.

          Sur la route Sam nous fait un petit topo sur les plantes et fleurs sauvages qui nous entourent et qui sont comestibles. Arrivée à Tournon vers 17 heures les marcheurs installent le camp et rencontrent pas mal d’habitants de la ville dont Ilda 75 ANS et qui nous a énormément apportée ... Merci ilda. Nous organisons une initiation à la biodance afin que les gens se rencontrent. Une bonne dizaine d’habitants tentent l’expérience. Nous partageons ensuite un couscous au feu de bois fait par nos soins. Cette soirée fut riche en émotion car elle a permis à des gens de la ville qui ne se connaissaient pas de se rencontrer et d’échanger. Adrien nous a rejoints ainsi qu’un habitant de la ville.

        Sur ce les marcheurs vous disent bonne nuit il est 2H17 et demain on se lève pour 20KM DE MARCHE !!!!

« Si les pintadeaux volent tous ensemble on ne sait pas qui est l’ainé … ».


16 mars - Livron > Valence :

         Arrivée en Fanfare dans Valence après une manifestation sauvage d’environ 2 Kilomètres dans la ville. Toujours selon le même mode opératoire : camion transformé en sound system, mobil brigade de clowns improvisé qui arrangent les badauds tout en distribuant une partie des 5000 tracts qui nous ont été offert  à Montélimar.  Les marcheurs plastiquent les banques à coup de scotch et de textes explicatifs et dénonce le rôle de la finance dans les crises économiques actuelles et passées.

          Arrivée sur la place du champ de mars à Valence nous installons notre zone d’échange libre où nous proposons aux passants de semer les graines offertes par Kokopelli afin de les emporter avec eux. Le maire de la ville vient à notre rencontre, nous lui faisons part de notre démarche. L’adjoint nous suggère l’idée d’une photo à ses côtés … proposition qui restera sans réponse de notre part. Une bonne soixantaine de personnes sont présentes. Puis nous lançons une soupe populaire et plus tard dans la soirée, une projection du film « les sentiers de l’utopie ».


15 mars - Montélimar > Livron :

         Nous faisons étape à Livron après une étape de près de trente kilomètre et installons le camp sur la place principale. Sur la route l’équipe du camion prend un autostoppeur appelé Sam, alors en chemin pour rejoindre le groupe de marcheurs.

        Repas solidaire et débat sont organisés avec la population. La police et les gendarmes sont compréhensifs et ne nous font pas de problème. Le lendemain matin le Maire du village vient à notre rencontre et nous lui donnons des graines de tomates et autres en lui suggérant de créer des jardins partagés dans sa ville. Cet échange de graines nous a permis de le sensibiliser à la question des semences indigènes et anciennes, de faire connaitre l’association Kokopéli qui nous a fournis cinq mille graines bio et de variétés anciennes.

Guillaume nous quitte … pour mieux revenir plus tard ?


14 mars - La Garde d'Adhémar > Montélimar :

         Départ de la Garde d’ Adhémar  après un échange avec quelques habitants du village nous repartons sur la route à une bonne quinzaine.  Quatre marcheurs nous attendent à Montélimar et trois autres sont dans le camion pour assurer l’arrivée et la logistique.

       Après avoir rencontré sur la route un groupe de travailleurs saisonniers nous entrons dans la commune de Donzère (dont le maire n’ est autre que Eric Besson) et nous nous faisons contrôler et photographier par la gendarmerie nationale . Pas de problème nous repartons vers Montélimar.

     Arrivés aux portes de la ville les éclaireurs rejoignent le groupe des marcheurs accompagnés par le camion et un indigné de Montélimar. La police nationale, accompagnée d’un camion de crs, nous questionne. Nous décidons de rentrer dans la ville en manifestation sauvage le camion ouvrant la voie avec un sound system  poussé à fond. Nous traversons toute la zone commerciale de la ville avant de nous poser sur la place du Théâtre pour animer des ateliers, rencontrés et échanger avec la population ainsi que diverses associations de la ville. Nous installons notre zone d’échange libre où des vêtements offerts par des associations de recyclage et la croix rouge sont proposés aux passants, invités à venir découvrir cette façon de fonctionner. Ce qui permet ensuite  l’installation d’un dialogue sur les divers systèmes d’échange monétaire et non monétaire.

          Nous avons la bonne surprise d’être  accueillis de façon exceptionnel par les indignés de Montélimar qui avec  l’aide de certains membres du village des possible  nous attendent sur les bords du Roubion avec un couscous géant et trois groupes de musique. Concert sauvage dans la ville.
Guillaume, Laetitia et mamie sa chienne, Chloé et Jamin accompagnés de Djédaye ( son chien) nous rejoignent pour marcher !!
Reprendre l’espace public est possible il suffit de le faire !!! Le maire ayant été avertis et ayant refusé, les indignés de Montélimar nous ont donné une belle leçon de persévérance…
        Nous sommes une bonne centaine à partager cette soirée qui se conclue par la projection du documentaire l’ile aux fleurs suivi d’un débat.

12 mars - Bédarrides > Uchaux

    Matin ordinaire, on se lève tranquillement, on range, on nettoie pour laisser plus propre que quand on est arrivé, on va prendre des douches qui vont faire du bien, car oui par ici les douches se font rares. Nous voilà propres et en marche vers un nouveau lieu, ce sera une longue étape, le matin au milieu des vignes l'occasion d'aller visiter une cave Chateau Neuf du Pape, et de rencontrer des viticulteurs du coin qui furent généreux avec nous. 
   Le midi se passera à Orange, où une nouvelle marcheuse nous rejoint, on prend le temps de se présenter comme on ne l'a pas encore fait, de lui montrer qui sont les marcheurs. A la sortie d'Orange, on croise une mama africa, qui nous voit collé un nez rouge sur l'affiche de Marine Le Pen et qui va venir parler à l'une d'entre nous, elle nous aura donné le sourire (et si jamais elle me lit, ce fut un plaisir!).
 Le reste de la marche se fera sous la lumière du soleil couchant, et sous les étoiles. Les voitures voient au bord de la route une file indienne de marcheurs chantants, avec leurs gilets jaunes. Nous voilà arrivés, dans un coin de forêt magique préparé par nos petites fées. Où l'on retrouve les copains et un beau feu de joie, où l'on chante, si vous aviez pu les voir ces marcheurs, des grands sourires malgré la fatigue, ils sont heureux et ça se voit.

11 mars - Avignon > Bédarrides : 


     Réveil humide pour ceux qui ont dormi sans tente et qui n’avaient pas fait attention à l’arrosage automatique. Petit déjeuner puis rangement suivi d’une manif sauvage dans une ville déserte car on est dimanche matin ce qui ne nous empêche pas de scander nos slogans dans la bonne humeur. Une quinzaine de bornes au bord de la départementale où nous croisons les gendarmes bien curieux. Nous arrivons à notre spot pour la chaîne humaine au niveau de Bedarrides, où les habitants de « A la croisée des regards » nous attendent. C’est parti pour une enfilade « d’hommes pancarte », chacun sa lettre pour former « ARRET IMMEDIAT DU NUCLEAIRE », nous faisons partie du mouvement  jusqu’à 15h36 l’heure où Fukushima a explosé jour pour jour un an après.
     
  Nous finissons enfin la journée sur la place de Bedarrides où une soupe populaire est confectionnée généreusement par nos petits cuistots du jour, la Zone d’Echanges Libre est installée, et un bal folk est engagée grâce à nos musiciens. Le repas est prêt, la quarantaine de personnes présentes se remplissent la panse avec encore un très bon repas fait grâce à de la récup. Début de soirée place à la première projection de la marche avec les sentiers de l’Utopie un film qui en inspirera plus d’un ensuite dodo car demain tout ce petit monde marchera jusqu’à Uchaux.
 

9 mars - Saumane > Avignon :

   Réveil groupé, petit déjeuner avec les maynois (habitants d'A la croisée des regards), on range, on range, on se prépare et bonne nouvelle une maynoise nous donne une info non négligeable : un raccourci. Raccourci qui nous fera passer par une forêt magnifique et qui nous fera gagner 7 bornes. Puis à nous la départementale, on est chantants et pressés d'arriver dans notre 3è grosse ville et pas des moindres. La pause déjeuner se fera à Le Thor au bord d'une rivière, ville où nous croiserons un poète qui nous déclamera quelques uns de ses poèmes. Après une pause déjeuner au soleil, nous voilà reparti, une équipe de marcheurs va directement sur Avignon pour afficher et aller voir les gens tandis que les marcheurs continuent sur le bord de la départementale qui n'aura pas raison d'eux. Enfin les voilà devant la mairie où un débat d'Arrêt du Nucléaire va avoir lieu, l'occasion d'échanger et d'en apprendre plus. Mais ce ne sont pas les seuls à être, les RG et la police arrivent assez tôt pour nous dire que camper là "ça ne va pas être possible, et donc nous renvoyer sur une autre place où l'on ne passera pas une bonne nuit à cause de la circulation.

Du 6 au 9 mars au matin - Saumane :

A la croisée des regards, un coin de paradis dans le Vaucluse

      Tous les marcheurs ou presque se rejoignent à Saumane pour arriver ensemble « A la croisée des regards », un éco lieu au milieu de 130h de forêt où vivent une quinzaine de personnes issus d’horizons différents et travaillant dans la même direction. Après une longue journée de marche, un accueil des plus chaleureux et familial, les débuts de 2 jours remplis de nouvelles rencontres, de joie, de musique et de bonnes tablées.
               
      Premier matin, réveil à Mayne (petit nom du lieu) au son de la flûte de Pain D’Epice, pour les lève tard, rappel plus énergique à base de secouage de tentes. Ensuite le petit-déjeuner sera suivi d’un exercice de respiration apaisant et qui permettra de d’unifier les troupes.
       
       Sans transition la 1ère AG bien organisée prend place, quelques personnes du lieu nous en apprennent un peu plus sur le fonctionnement, Alain le fondateur qui nous raconte l’histoire du lieu, ses motivations de l’asso. Cette AG sera aussi l’occasion de parler de l’organisation de la marche et les tâches à faire durant cette journée. L’itinéraire prochain, les banderoles pour les prochaines actions, la mise en place de la Zone d’Echanges Libres et l’aménagement du camion.

          Grande tablée à midi sublimée par le soleil qui est au rendez-vous, l’occasion d’échanger plus avec les gens du lieu. Suite des travaux dans l’après-midi, tout ne se finira pas mais le plus gros sera fait. Après une journée bien remplie, un bon repas champêtre préparé par des marcheurs et les Maynois est l’occasion de faire la fête tous ensemble et d’échanger.
                 
           Deuxième matin, réveil à 7h pour être prêts à 8h car au programme plantation d’arbres une bonne partie de la matinée, ce qui nous fait entrevoir la vie du quotidien à Mayne. L’après midi chacun y met du sien, l’aménagement du camion se termine.
                
          L’itinéraire se précise, les banderoles ont pris forme malgré le vent, la ZEL s’organise  et la salle est prête à accueillir tous ces petits gens pour le dernier repas partagé. Fin de soirée autour du feu de joie, Anthelm un des habitants nous fait profiter de ses textes et chansons qui nous enchantent et nous laissent bouche-bée . Il sera suivi par un marcheur qui nous comptera l’Origine du Monde façon 21è siècle. Et hop dodo parce que demain on marche jusqu’à Avignon !

06 mars - Bonnieux > Saumane :

       Réveil en musique, toujours et encore. Petit  moment de décontraction où chacun trouve son petit bonheur avec les habits de la friperie ramenés la veille. Après ce moment plein de rires, nous nous mettons en marche. La route du Vaucluse est tout aussi accueillante que celles des Bouches du Rhône. On apprend à communiquer sur notre démarche, sur le pourquoi du comment et quand on y arrive, les gens donnent par solidarité, pour participer à la marche de manière spirituelle ou matérielle quand ils le peuvent comme cette ferme à la sortie de Bonnieux qui nous donna quelques légumes.

       La pause du midi se fera à St Panthaléon qui est l’occasion de parler de la constituante et notre non-position face à celle-ci.

       Et c’est reparti pour une dizaine de bornes direction Saumane et l’éco lieu A la croisée des regards où on va s’arrêter 3 nuits. Lieu magique qui mérite un texte à part entière. 


05 mars - Rognes > Bonnieux :

                Un matin musical, où le boulanger nous fait don de ses viennoiseries, le troquet de la place qui nous donne du café et fait chauffer l’eau pour la tisane. Les villageois s’arrêtent pour partager un café et un moment de discussion.

                Après une matinée de marche, l’air du Vaucluse nous envahit et nous sommes happés jusqu’à Cadenet où le marché bat son plein, et où on se surprend à chanter la Marseillaise revisitée à une passante qui nous avait entendu quelques moments auparavant. Ce marché était placé sous le signe de la solidarité, grâce à ses artisans nous avons mangé comme des rois, le vin, les pâtes, la paëlla, les tartes et pâtisseries. Nous voilà prêts à arpenter les monts du Luberon face au mistral.

                Après une bonne grimpette, arrivée à Bonnieux où l’équipe camion nous a préparé un lieu digne de ce nom dans la forêt, avec une petite maison en pierre faisant office de cuisine et le campement juste à côté à l’abri du mistral. Tout ce qui faut pour passer une belle soirée en compagnie des gens venus nous rejoindre pour la soirée.



04 mars - Aix-en-Provence > Rognes :

Réveil en musique dans un champ à proximité d’Aix, les premiers levés lance un « One Love » grâce à la sono du camion, pour réveiller le reste de la troupe. La tisane chauffe, les yeux se décollent, et le marcheurs commencent à plier bagage. Nous voilà en route dans l’enthousiasme du 2è jour. Pause de midi au village du soleil. Le duo de choc (caméraman et preneuse de sons) venues filmer cette épopée nous explique leur projet de documentaire : « Ceux qui marchent contre le vent ». - > http://youtu.be/Xk8y_WKqmP4

                L’après-midi, une route de forêt nous accueille à branches ouvertes et nous proposent quelques amandes. Une petite halte s’impose alors pour profiter de ce cadeau vitaminés et riche en calcium, puis nous repartons les décortiquant jusqu’à Rognes dans l’impatience d’une petite soupe partagée avec les villageois solidaires qui nous font don de leur savoir-faire (pizza, pain, huile d’olives…). Bel accueil dans ce petit village de Provence, que l’on n’oubliera pas de sitôt.



03 mars - Marseille -> Aix-en-Provence :

                                 Le grand départ de Marseille

        Dès 9h tous réunit au vieux Port pour la même cause. Il y a la une petite centaine de personnes journalistes, curieux, militzntd et surtout des marcheurs près à se mettre en marche pour l'espoir et l'utopie jusqu'à Paris.

        Un certain camion arrive, bleu blanc rouge, ça sent le roussit, accueillis par des cris, de la joie et de la musique traditionnelle (accordéon, cornemuse, violon...) on sort les banderoles préparées la veille. Malgré l'heure matinale, le sourire, l'énergie et la joie se lisent sur les visages. Une ambiance joyeuse et détendue flotte au dessus du Vieux Port.

       10h, nous voilà en marche à travers Marseille munis de nos banderoles et de nos instruments nous faisons un premier arrêt  devant le musée de la Marseillaise. On les gueule nos slogans, la Marseillaise est détournée, la circulation bloquée et les banques accusée de "coupables" . Arrivés porte d'Aix, les marcheurs accélèrent le pas pour arriver à temps à Aix en Provence le soir même.

       Après quelques heures de marches, une pause midi s'impose, voilà la cinquantaine de marcheurs sur un champs pour reprendre des forces et apprendre à se connaître un peu mieux. Une petite heure plus tard nous voilà requinquer et sur la route. Les badauds et conducteurs nous interpellent, klaxonnent et nous encouragent.

       16h30, le camion nous rejoint sous les applaudissements après les courses de dernière minutes essentielles à la vie des marcheurs. La fin de la marche se fait tranquillement mais surement. La nuit tombée, les marcheurs arrivent en ville, le camion devant eux et la musique africaine qui les entraine. Les marcheurs ne pouvaient rêver mieux comme arrivée clowns, musique, et couscous, même les 30km n'auront pas eu raison de leur bonne humeur et énergie. Après un très bon repas dont la recette est allée à la marche, beaucoup de musique, et après mures réflexion les marches décident de planter leur tentes un peu plus loin dans la nature pour pouvoir se reposer et passer la première nuit tous ensemble.

           Les fringalinettes du stylo 


Départ du Vieux-Port de Marseille
 


Arrivée à Aix-en-Provence

8 commentaires:

  1. Génial ! Bon courage à tous !

    RépondreSupprimer
  2. de tout coeur pour encourager tous ceux qui marchent dans le sens de le VIE....

    RépondreSupprimer
  3. super de lire le carnet de route. ça me permet d'etre un peu la tete dans la marche. merci à Panoramix pour son superbe récit plein de talents. nadia

    RépondreSupprimer
  4. De Marseille, je pense à vous et vous accompagne, merci de me renforcer dans l'idée qu'il y a encore des gens qui cherchent un sens à tout ça, et propagent cet élan autour d'eux. Merci pour vos beaux récits qui permettent à tous ceux qui n'ont pas pu marcher à vos côtés, d'être un peu avec vous, et de comprendre ce qu'il vous arrive, votre cheminement géographique et de pensée.
    Laissez un message à Daniel Mermet de "là bas si j'y suis ": 01.56.40.37.37 , ça serait une bonne manière de faire (encore plus) parler de vous!http://www.la-bas.org/
    J'ai beaucoup ri à la vue de la vidéo de Carnafour, et le tract, super!
    D'ici tout le monde pense à vous et parle de vous, on est làààààà!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!Plein d'amour

    Lulu

    RépondreSupprimer
  5. Salut les marcheurs,
    Bravo pour cette belle expérience humaine et le courage de mettre vos rêves en mouvement!
    Je vous suis de loin et vous envoie de bonnes ondes;
    Bravo pour votre carnet de route,mais quand vous ecrivez en NOIR sur le BLEU MARINE on voit rien !!!!
    Je veux bien aider pour le film de la marche mais dites moi A QUI je peux faire un cheque et OU L'ENVOYER .
    Bon courage pour les derniers kilomètres;
    Bises à tous

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Le mieux serait de faire un paiement par carte bancaire sur le site http://fr.ulule.com/ceux-qui-marchent/ mais si vous tenez absolument à le faire par chèque vous pouvez l'adresser à
      Julien Baroghel
      165 boulevard St Denis
      92400 Courbevoie.

      Merci beaucoup !

      Supprimer
  6. Alors,il se passe plus rien depuis le 11 avril ?????

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Beaucoup de choses, et pas forcément accès à internet, si j'ai le temps j'essaye de m'en occuper tout à l'heure mais la préparation de Paris + la marche + ... prennent beaucoup de temps.

      Supprimer

liberté d'expression et respect